Affaire Naïm Touré: Voici ce qui peut révolter l’armée…

Le jeune Naim est simplement privé de sa liberté parcequ’il a osé toucher au totem du pouvoir et de tout pouvoir par ailleurs: l’armée. Tous les présidents des plus démocrates aux plus dictatoriaux, leur raison et leurs moyens sont vite perdus au profit de l’oppression lorsqu’on évoque des questions relatives à l’armée. C’est très fâcheux d’en parler simplement parce-que nos armées n’étant pas forcément républicaines et aux services des princes eux mêmes illégitimes. Dans ce cercles vicieux, c’est la règle de la méfiance et de la conspiration permanente. Donc un seul mot sur l’armée, même en des termes souvent qui ne prêtent à équivoque, peut être mal interprété, à fortiori quand on y va sans porter les gants. En côte d’Ivoire, le président Ouattara, bien que bon démocrate selon tous ses attributs américains et Breton Woods, a fait arrêter six directeurs de journaux et journalistes à la faveur des mutineries qui avaient éclaté dans le pays. Les motifs procédaient bien de la réthorique de la peur: DIVULGATION DE FAUSSES NOUVELLES POUVANT INCITER A LA RÉBELLION.. De telles accusations pour des militaires déjà en rébellion, c’est l’hilarité. Quand aux causes des révoltes ou rébellions dans les armées, au Burkina comme ailleurs, elles sont pareilles pour la majorité des cas. En 2011 , les mutineries avaient été suscitées par l’humaine condition. Blaise Compaore recevant la troupe s’était rendu à l’évidence de la misère de celle-ci. Chez Ouattara en côte d’Ivoire, les révoltes ont eu pour cause essentielle les impayés de soldes. Récemment au Sahel, les bruits des mécontentements étaient liés à la non tenue d’engagements pris par l’autorité en lien avec les conditions de vie et de travail dans cette mission périlleuse de la lutte anti terroriste. Jusqu’à preuve du contraire, outre la gestion de l’armée et très rarement les manipulations occidentales pour des visées politiques, l’armée ne s’est jamais mise en situation de révolte par le fait de l’opinion publique. Si tel devait être le cas, les révoltes n’en finiraient pas et se succéderaient à la cadence du débat politique qu’on sait la plupart du temps assez pourri. Mieux, les militaires sont suffisamment responsables et conscients de la gravité d’une révolte pour qu’ils veuillent s’y mettre pour le plaisir des civils, d’hommes politiques et sur écrits de journalistes. Quand l’armée en vient à la révolte c’est exclusivement pour ses intérêts propres internes. C’est à ce niveau que cette affaire Naim apparait rocambolesque. Jusque-là on ne sait encore qui a décidé de cette poursuite. Mais déjà on comprendrait difficilement si les autorités militaires soient derrière. Parce-que la bonne connaissance du fonctionnement et de l’esprit de son armée suffît à ne même pas accorder la moindre importance à cet écrit d’un garçon à la limite en train de rouspéter comme une veuve effarouchée. Simplement par sagesse et devoir de responsabilité pour ne pas descendre dans la boue. Autrement dit, ce serait montrer aux yeux du public qu’il y a un manque de sérénité quelque part. Alors si toutefois l’armée s’est faite imposer des desiderata et autres pulsions de phobies et folies de politiciens en crise de légitimité, elle gagnerait à s’affranchir pour mieux asseoir sa cohésion et sa relation avec tout le peuple. Du reste, s’il est vrai que les citoyens toutes tendances doivent manifester solidarité et soutien indéfectibles aux FDS face à l’épreuve du terrorisme, il serait en conséquence incongru et inacceptable que cette solidarité soit limitée aux aspects de folklore comme les applaudissements. La solidarité vraie et de conscience ici impose de mettre le doigt sur la plaie. Les conditions matérielles et de vie des FDS doivent intéresser tout le monde. La grande muette ne peut être le mutisme collectif coupable. Pour éviter le suicide collectif. Sans se préoccuper que ça plaise ou non, mais se rassurer que changent les choses au profit des bénéficiaires qui sont loin d’être les hauts gradés ou les politiciens qui décident. Naim Touré a dénoncé de manière véhémente comme tout homme normal face à une injustice affligeante disons une maltraitance ignoble l’aurait fait. Peut importe la lettre, toute lettre étant ce qu’elle est et ce qu’on en fait. L’essence demeurant la plus noble chose qui vaille. Nous oublions le principe sacro saint de liberté d’expression, clé de voûte du système démocratique que les institutions politiques burkinabé sont visiblement incapables de donner la plénitude de l’exercice aux citoyens confinés à leur triste sort voire sortilège du subjectivisme politique et de la gouvernance des sentiments au grand dam des principes. En conclusion, ce qui peut révolter l’armée est à l’intérieur de l’armée et part de sa gouvernance. Condamner Naim sur ces entrefaites c’est condamner tous ceux qui vouent une solidarité totale et passionnée aux FDS avec leur cause. Le Soir

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