Côte d’Ivoire: A son retour à Abidjan, Soro annonce qu’il va aller demander pardon à Gbagbo

A son retour au pays après un séjour en France et au Luxembourg,Guillaume Soro   annonce qu’il ira demander pardon à son ex-mentor Laurent Gbagbo à la Haye relève KOACI de sa déclaration de retour transmise.

Celui qui se présente en rassembleur en vue de 2020 pour éventuellement barrer la route à un troisième mandat de Ouattara voire une continuité de son « clan » au pouvoir et qui affiche clairement le ton de la responsabilité à l’image d’un homme d’Etat a solennellement déclaré à son retour: « J’ai décidé de demander, une fois de plus, pardon aux Ivoiriens, pour tout ce que, depuis 2002, j’ai pu consciemment ou inconsciemment commettre comme offenses à ce peuple qui a tant souffert. J’adopterai la même approche du Pardon et j’irai demander Pardon à mes aînés les présidents Henri Konan Bedié, Alassane Ouattara et aussi Laurent Gbagbo pour tous les torts, manquements ou offenses que moi-même ou mes proches ont pu causer à chacun d’entre eux spécifiquement ».

Selon nos informations,Guillaume Soro  qui, durant ces deux semaines européennes, a pris ses marques avec le président français Macron et qui jouit désormais du soutien d’Henri Konan Bédié, va entreprendre les démarches pour rencontrer Laurent Gbagbo, l’ancien président qui l’a formé politiquement.

Peut être déçu par Ouattara, Soro qui appelle au rassemblement et qui estime que « la division ne pourra nous emmener qu’à la catastrophe » s’en ira demander pardon à celui qui l’a toujours considéré comme son fils et qui jouit d’une des plus fortes assise populaire au pays.

Enfin, au sujet des agitations de la veille,Guillaume Soro  a appelé une fois de plus au calme. « De retour en Côte d’Ivoire, j’ai pu noter des signes d’agitations. En tant qu’acteur politique et au nom de la responsabilité qui est la mienne, je voudrais lancer un appel au calme, à la pondération et à la retenue aux uns et aux autres. Personne n’a intérêt à jouer contre la tranquillité, la sérénité et la stabilité de la Côte d’Ivoire. »

Amy Touré, Abidjan


Mesdames et Messieurs les journalistes,

Je reviens d’une longue mission en Europe, mission qui m’a conduit respectivement en Belgique, au Luxembourg et en France. D’abord, en Belgique j’étais en visite officielle au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles où j’ai signé une convention entre nos deux institutions parlementaires.

Ensuite, au Luxembourg où j’ai été élu 1er Vice-Président de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie et où j’ai pu rencontrer les plus hautes autorités de ce beau pays.

Enfin, j’ai été à Paris, à l’Assemblée nationale française où j’ai été reçu par mon homologue, M. François de RUGY, et où j’ai pu nouer des contacts politiques importants.

De retour en Côte d’Ivoire, j’ai pu noter des signes d’agitations. En tant qu’acteur politique et au nom de la responsabilité qui est la mienne, je voudrais lancer un appel au calme, à la pondération et à la retenue aux uns et aux autres. Personne n’a intérêt à jouer contre la tranquillité, la sérénité et la stabilité de la Côte d’Ivoire.

Notre pays attend de chacun de nous de la mesure et de la modération. Vous vous en souviendrez, le 3 avril 2017, j’ai placé la première année de cette législature sous le triple sceau de la Repentance, du Pardon et de la Réconciliation. Je note aussi que l’année pastorale a pour thème : « toi, laisse-là ton offrande, et va te réconcilier avec ton frère … » Tout ceci nous invite tous, tous les acteurs politiques sans exceptions, à faire preuve d’humilité et de grandeur.

Pour ma part, j’ai décidé de demander, une fois de plus, pardon aux Ivoiriens, pour tout ce que, depuis 2002, j’ai pu consciemment ou inconsciemment commettre comme offenses à ce peuple qui a tant souffert. J’adopterai la même approche du Pardon et j’irai demander Pardon à mes aînés les présidents Henri Konan BEDIE, Alassane OUATTARA et aussi Laurent GBAGBO pour tous les torts, manquements ou offenses que moi-même ou mes proches ont pu causer à chacun d’entre eux spécifiquement.

Je demeure convaincu que toutes les filles et tous les fils de ce pays doivent résolument emprunter le chemin de la vraie repentance et de la vraie réconciliation. En ce qui me concerne j’ai déjà pardonné et je suis désormais sans rancune ni colère.

Je vous en conjure, ne nous divisons pas. La division ne pourra que nous mener à la catastrophe. Rassemblons-nous ! C’est cette mission de rassemblement par le pardon et la réconciliation que je me suis assigné et rien ne devrait m’en détourner. Je m’engage à travailler davantage, et plus que par le passé, pour reconstruire l’union de toutes les filles et tous les fils de la Côte d’Ivoire.

 

Koaci.com

Conseil supérieur de la magistrature: Appel à candidature pour le poste de Procureur du Faso

Appel à candidature pour le poste de Procureur du Faso près le TGI, cumulativement Commissaire du gouvernement près le TA de Bogandé et celui de Diapaga

AVIS DE VACANCE DE POSTE
ET APPEL À CANDIDATURES

Intitulé du poste : Procureur du Faso, cumulativement Commissaire du gouvernement
Corps concerné : Magistrature
Affectation : Tribunal de Grande Instance/Tribunal Administratif
Localisation : Bogandé ou Diapaga

I- Contexte et justification

Les réformes institutionnelles engagées au Burkina Faso depuis la signature du pacte national pour le renouveau de la justice ont permis l’adoption d’un ensemble de textes de nature à renforcer l’indépendance du pouvoir judiciaire. Ainsi, pour ce qui est des nominations et des affectations des magistrats, l’article134 de la loi n°072-2015/CNT du 05 novembre 2015 portant révision de la Constitution dispose que : « Le Conseil supérieur de la magistrature décide des nominations et affectations des magistrats ».

Cependant, pour pourvoir à certains postes spécifiques, notamment ceux des chefs de juridiction, la lecture combinée de l’article 134 de la loi précitée et de l’article 21, alinéa 2 du décret n°2016-377/PRES/PM/MJDHPC/MINEFID du 20 mai 2016 portant application de la loi organique n°049-2015/CNT du 25 août 2015 portant composition, organisation, attributions et fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature, exige un recours préalable à un appel à candidatures assuré par le Secrétariat permanent dudit Conseil.

C’est dans ce cadre que, conformément à l’article 43 de la loi organique n°049-2015/CNT du 25 août 2015 portant organisation, composition, attributions et fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature, le présent avis, relativement aux postes de Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Bogandé, cumulativement Commissaire du gouvernement près le Tribunal administratif de ladite ville d’une part et celui près le Tribunal de grande instance de Diapaga, cumulativement Commissaire du gouvernement près le Tribunal administratif de Diapaga d’autre part, est publié.

II- Missions et attributions

Le tribunal de grande instance est la juridiction du 1er degré pour les affaires relevant de sa compétence. Il est composé, d’un président, d’un vice-président, de présidents de chambre, de juges d’instruction, de juges, d’un procureur du Faso et de substituts, d’un greffier en chef et de greffiers.
Le Procureur du Faso est chargé notamment :
– de représenter en personne ou par ses substituts le ministère public près ledit tribunal ;
– de la direction des activités des officiers et agents de la police judiciaire dans le ressort de son tribunal ;
– de l’organisation, de l’administration et de la discipline du parquet du tribunal auprès duquel il est nommé dans le respect des textes en vigueur ;
– de l’appréciation et de la notation du personnel placé sous son contrôle ;
– de l’organisation générale des activités dudit parquet ;
– de la réception des plaintes et dénonciations et décide de la suite à leur donner ;
– du contrôle de l’état civil et des centres de détention de son ressort ;
Le tribunal administratif est la juridiction de droit commun du contentieux administratif. Il connait en outre des recours en interprétation ou en appréciation de la légalité des actes administratifs dont le contentieux relève de sa compétence.
Le Procureur du Faso qui sera cumulativement commissaire du gouvernement, prend des conclusions écrites dans les dossiers à lui communiqués et les transmet au président pour inscription au rôle d’audience.

III- Critères d’éligibilité

Les magistrats, intéressés par le présent appel à candidatures, doivent réunir les conditions suivantes :
– être magistrat burkinabè du premier ou deuxième grade ;
– être en juridiction ou dans l’administration centrale du ministère de la justice depuis au moins deux ans ;
– avoir obtenu une note supérieure ou égale à 08/10 au cours des deux précédentes années ;
– n’avoir pas de décisions ou d’actes juridictionnels de plus d’un mois non rédigés ;
– n’avoir pas été sous le coup d’une sanction disciplinaire au cours des cinq dernières années ;
– avoir des capacités managériales.

IV- Compétences particulières requises

• Savoirs
– maîtrise de l’organisation judiciaire;
– connaissance juridiques avérées ;
– maîtrise des questions de procédures pénales et administratives en lien avec les domaines de compétence des Tribunaux ;
– maîtrise des divers domaines du droit pénal et du droit administratif

• Savoir faire
– capacité de rédaction et de synthèse ;
– aptitude à tenir la parole en public ;
– aptitude à écouter et recueillir les besoins ;
– capacité à déterminer les objectifs ;
– capacité à animer une équipe, une réunion ;
– capacité d’organisation ;
– aptitude à la communication ;
– aptitude à gérer les calendriers des audiences, les priorités et les contraintes ;
– maîtrise de l’outil informatique.

• Savoir être
– disponibilité ;
– sang-froid ;
– discrétion et courtoisie;
– adaptabilité, réactivité ;
– sens de l’éthique ;
– sens de l’indépendance ;
– sens de la probité ;
– avoir de la prestance
– force de caractère.

V- Dossier de candidature

Les candidats doivent constituer un dossier comprenant les pièces suivantes :
– une demande écrite adressée à madame la Présidente du Conseil supérieur de la magistrature en précisant le poste de procureur concerné ;
– un curriculum vitae détaillé et signé;
– une lettre de motivation ;
– une déclaration sur l’honneur signée du candidat attestant de l’absence de décisions ou d’actes juridictionnels de plus d’un mois non rédigés et dans laquelle le candidat déclare s’exposer à des sanctions en cas de fausses déclarations ;
– les copies des notices annuelles des deux dernières années ;
– un extrait ou une copie de l’acte de naissance ou du jugement supplétif en tenant lieu ;
– une photocopie légalisée de la carte nationale d’identité burkinabè.

VI- Dépôt du dossier de candidature

Les dossiers de candidature sont reçus sous pli avec la précision, selon le choix de chaque candidat, de la mention « appel à candidatures pour le poste de Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Bogandé, cumulativement Commissaire du gouvernement près le Tribunal administratif de Bogandé » ou « appel à candidatures pour le poste de Procureur du Faso près le Tribunal administratif de Diapaga, cumulativement Commissaire du gouvernement du Tribunal administratif de Diapaga », tous les jours ouvrables de 09 H 00 à 15H 00 du 25 juillet au 07 août 2017 inclus au Secrétariat permanent du Conseil supérieur de la magistrature en son siège provisoire sis au deuxième étage de l’immeuble Rabaké, à Ouagadougou, ZAD 1, 10, Rue 15.27, téléphone : 70 04 02 83/78 38 63 06.

VII- Procédure de sélection

Les dossiers de candidatures sont transmis au Conseil supérieur de la magistrature pour décision. Les candidats sélectionnés seront soumis à un entretien avec le CSM s’il y a lieu.
À l’issue de la réunion du Conseil supérieur de la magistrature, les candidats recevront notification des délibérations relatives à leur candidature par le Secrétariat permanent.

Ouagadougou, le 20 juillet 2017

La Secrétaire permanente

Victoria OUEDRAOGO/KIBORA
Chevalier de l’Ordre national

Burkina Faso – Politique : L’UPC sanctionne ses députés « rebellés »

Les députés Elisée Kiemdé et Jacques Palenfo, tous de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) ont été sanctionnés par les responsables du parti du « Vrai changement » ce jeudi 20 juillet 2017 à Ouagadougou.

Selon nos confrères de L’Observateur Paalga, c’est sous la présidence de Zéphirin Diabré que le Bureau politique national du parti a proclamé les sanctions à l’encontre des députés qui se sont démarqués de la ligne officielle du parti lors du vote de la loi sur le Partenariat public privé (PPP).

Le député Jacques Palenfo, alias le Guerrier du Sud-ouest, s’est tiré avec un blâme grâce à son repenti après la session parlementaire. Le député Elisée Kiemdé a quant à lui été tout simplement exclu de l’Union pour le progrès et le changement (UPC).

226infos.net

Grève SATB/SINAID : ‘’ les agents qui ne sont pas à leur poste encourent des sanctions disciplinaires’’ Abel Somé, SG du ministère des finances

Les responsables du ministère des finances ont annoncé jeudi que les agents des impôts et du trésor qui ne sont pas à leurs postes encourent des sanctions disciplinaires.

Les premiers responsables du Ministère de l’économie et des finances ainsi que ceux des directions du Trésor et des Impôts ont apporté, jeudi, des éléments d’éclaircissement à propos de la discordance qui les oppose aux membres des syndicats du SATB (syndicat….) et du SINAID (syndicat…).
Il ressort donc que la pomme de discorde entre le gouvernement et les deux syndicat concerne essentiellement la répartition du fonds commun. Une répartition qui est régit par une règlementation de base conformément aux textes en vigueur et qui ne peut être changée tant que les textes ne seront pas modifiés selon Clarisse Ouoba directrice de cabinet du ministère de l’économie, des finances et du développement.

‘’ Les agents qui ne sont donc pas en poste encourent des sanctions disciplinaires à cause du caractère illégal du débrayage général qui ne répond pas aux normes qui entourent le droit de grève » a martelé le secrétaire général du Ministère de l’économie Séglaro Abel Somé.

 

Radio Oméga

Burkina Faso: Une barque sans capitaine et sans destination déterminée

Le Burkina Faso se porte mal, le nouveau président l’a su maintenant. Les contestations sociopolitiques qui ont abouties à la démission de l’ex président Blaise Compaoré ne semblent pas porter les fruits escomptés et promis aux populations. Telle est la triste réalité de nos jours au pays des hommes intègres de l’actuel Président Roch Marc Christian Kaboré, ex barron du régime déchu.

A lire les différents rapports diplomatiques et des ONG, une explosion sociopolitique dans ce pays les jours ou mois à venir ne serait pas une surprise pour tous les observateurs de la vie politique du Burkina.

Rien ne semble aller comme dans un Etat de Droit et de démocratie. Depuis l’accession au pouvoir des anciens caciques (Salifou Diallo, Roch Kaboré, Simon Compaoré, Larlé Naaba…) de l’ex parti au pouvoir, les institutions de la république se retrouvent dans une impasse jamais vu au Faso. L’appareil sécuritaire (Police Nationale, Gendarmerie nationale, Armée nationale…) est très grippé donnant naissance aux groupes autonome d’auto-défense appelés ‘’Koglweogo’’. Ces derniers par ignorance des droits de l’homme, utilisent des pratiques précoloniales pour lutter contre le banditisme. Le nouveau ministre de la sécurité, Simon Compaoré qui semble lui aussi ignorer ses prérogatives de garant de la sécurité nationale, s’est laissé engloutir par ces hors-la-loi (koglweogo) qui font parler d’eux chaque jour sur l’ensemble du territoire.

Incompétence ou panique au sommet de l’Etat ?

Le constat est clair, le régime en place a peur de perdre son pouvoir avant la fin de son mandat de 5 ans, mais est-ce évitable ? Un régime à plusieurs têtes où la guerre de clan fait rage depuis les élections municipales du 22 mai 2016. Entre incivisme et violence physique, les militants du MPP, parti au pouvoir dévoilent au grand jour leur réelle intention de gouverner par la violence et l’injustice. Ce qui convient à l’expression suivante « tu fais, on te fait et il y a rien » dont les leaders de l’actuel MPP aimait utiliser à leur époque de gloire sous l’ancien régime.

Depuis Octobre 2014 à nos jours, des citoyens ont vu leurs biens détruis par des manifestants avec des pertes en vies humaines, mais aucune enquête crédible n’est ouverte pour un éventuel dédommagement. La volonté de Salifou Diallo de conserver les ruines de l’ancienne assemblée nationale vandalisée sonne comme une prime à l’incivisme et à la destruction des biens privés et publics sans être inquiété. La fuite des investisseurs est alors déclenchéé.

De l’Etat de droit à l’Etat voyou !

Agression entre population pour cause de choix politique
Assassinat de citoyens par les groupes d’auto défense
L’instrumentalisation de la justice militaire pour des fins politiques
Le chantage politique
La faiblesse diplomatique du régime actuel
La dégradation du climat économique
Les contestations sociales (grèves des syndicats…)
La défiance de l’autorité de l’Etat par les citoyens…

Le Burkina Faso est comme une barque sans capitaine et sans destinations déterminées.

Tous les analystes politiques sont unanimes que le salut ne viendra que d’une nouvelle classe politique émancipée pour taire les haines politiques et remettre le pays sur les rails de la stabilité et de l’Etat de droit.

Par Antoine T. Zanga

Concours police nationale : Parcours du combattant pour les candidats à la tenue

Depuis le 18 juillet 2017, Ouagadougou est le lieu de convergence de milliers de jeunes burkinabè venus des différentes provinces du pays. La capitale administrative est, en effet, le  centre unique de dépôt des dossiers relatifs au concours de recrutement de la police, session 2017. Quatre sites ont été identifiés pour ce faire : le SIAO, le stade du 4-Août, le stade municipal Issoufou-Joseph-Conombo et le Palais de la Culture Jean-Pierre-Guingané. Une équipe de L’Obs. s’est rendue sur les deux derniers sites, hier 19 juillet dans l’optique de prendre le pouls de la situation dans cet univers. Entre bousculades, coups de matraque ou de fouet et des conditions de séjour pas très enviables, les prétendantes et prétendants ont tout de même l’espoir qu’ils seront retenus parmi les 2500 recrus de cette édition.

La quantité impressionnante des motos aux alentours du stade municipal Issoufou-Joseph-Conombo présageait déjà de l’engouement des candidats à la session 2017 du concours de recrutement de la police. En effet, une foule immense a investi le pourtour du stade non pas pour suivre un match de football,  mais pour avoir accès aux six guichets destinés à recevoir les dossiers de candidatures. Mais dans quelles conditions ?

«Vous avez la permission de tourner pour faire votre constat, échanger avec les candidats pour savoir comment ça se passe, comme vous l’avez si bien dit, prendre des photos, mais nous ne pouvons rien vous dire sans la permission de notre hiérarchie aussi», dit le responsable du site. On se résout dès lors à mener une production essentiellement basée sur les propos de ceux et celles qui aspirent à intégrer le corps des flics.

Notre premier interlocuteur s’appelle Amidou Cissé, il est venu de Bobo-Dioulasso depuis le 17 juillet. Cet amoureux de la tenue voulait, dans un premier temps, tenter sa chance au concours de la gendarmerie, mais n’ayant pas le niveau requis (ndlr : baccalauréat), il se rabat sur celui de la police.  Amidou Cissé veut se donner toutes les chances pour réaliser un rêve et se trouve déjà dans une position avancée vu qu’il est devant le guichet 3 du site.

Il ne lui reste donc qu’à déposer sa demande et d’attendre les autres étapes. En réalité, pour avoir le privilège de l’élève en classe de première A, il faut avoir une taille minimale  d’un mètre soixante-dix (1 m 70) pour les hommes et un mètre soixante-huit (1 m 68) pour les femmes. «Je suis content d’être à ce niveau, mais au premier jour du dépôt, c’est-à-dire hier, il y avait une marée humaine, c’était la bousculade, le désordre si bien que je n’ai pu déposer mes dossiers, mais aujourd’hui l’espoir est permis », explique-t-il, le sourire aux lèvres, oubliant du coup qu’il y a passé la nuit à la belle étoile depuis son arrivée.

Si pour Amidou Cissé, c’est presque le bout du tunnel, Mamounata Zoromé, elle qui est en dehors des rangs, voit son rêve de porter la tenue hypothéquée. Elle est élève en classe de première G2 au Lycée technique commercial de Ouahigouya. Elle précise avoir eu la chance d’être hébergée par son oncle depuis son arrivée dans la capitale. La chance a continué de lui sourire puisqu’une autre fille et elle ont été détachées des longues files pour se présenter directement à la prise des tailles. «Là-bas, j’ai été recalé parce que j’ai 1 m 66, ce qui veut dire que je ne peux même pas déposer mes documents a fortiori être retenue», déclare-t-elle. Visiblement abattu, elle dit n’avoir d’autre choix que de retourner dans la cité de Naaba Kaongo avec le car de 18h. «Ce sont des conditions qu’ils exigent et on n’y peut rien »,  affirme Mamounata Zoromé pendant que son binôme (l’autre fille)  venait de déposer ses papiers puis a prétexté un appel téléphonique pour fuir notre micro. Est-ce un manque d’information de sa part ?

«Ce sont ceux qui sont mentalement forts et physiquement posés qui vont passer»

Entre deux explications à l’agent en charge du portail, nous avons accès à l’autre aire contenant la plus grande partie des prétendants. Sur quatre vagues au moins, ils sont presque tous assis à  même le sol, sous un soleil cuisant. «La formation commence dès maintenant, vous ne pouvez pas prétendre intégrer la police sans un minimum de discipline, serrez les rangs, on sait que ce n’est pas facile, mais ce sont ceux qui sont mentalement forts et physiquement posés qui vont passer», affirme un agent qui faisait le tour dans les allées.

Selon les propos de certains candidats, ils seraient sur cette position depuis 5 à 7h de temps et craignent de ne plus retrouver leurs places s’ils quittent les rangs. D’aucuns n’hésitent pas à montrer une petite blessure causée par des bousculades la veille et, à en croire ce qu’ils racontent, un candidat a eu son épaule déboîté. «Tout le monde ne peut pas parler à la fois, c’est vrai que vous avez beaucoup de choses à dire, mais nous allons d’abord écouter une personne », avons-nous essayé de raisonner nos vis-à-vis.

Ainsi, c’est Mikaïlou Traoré qui se jette à l’eau : « Ça fait trois jours que j’ai quitté Nouna pour Ouagadougou. On dort ici à la merci des moustiques pendant qu’il y a des gens qui viennent à 11 heures et repartent satisfaits quelques minutes après. Cela veut dire qu’ils ont des relations, des connaissances ici qui peuvent les aider. Cette situation nous choque parce qu’on doit être traité de la même manière. Si je suis là, c’est par manque de travail, mais j’espère que j’aurai la chance pour venir en aide aussi à ma famille», martèle le breveté qui a quitté les bancs il y a quelques années de cela. Il était loin d’avoir fini de déverser sa bile qu’il a été hélé par ses camarades. «Hé ! C’est bon maintenant mon frère, tu as déjà tout dit, faut avancer, nous, on veut partir», lui lance une voix à l’arrière. En réalité, les «maîtres» des lieux faisaient avancer les rangs par dizaine de candidats.

Cap à présent sur le Palais de la Culture Jean-Pierre-Guingané. En ces lieux, la forte affluence est également perceptible. Là aussi, nous avons le quitus du responsable des lieux, mais inutile d’insister pour arracher quoi que soit. Le monde est, par moments, incontrôlable, les éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) finissent par laisser courir leurs fouets sur des candidats.

«Hé, hé, ho, tu ne peux pas aller directement, viens te mettre dans les rangs comme tout le monde», crient de nombreux candidats, à la vue de personnes qui tiennent leurs sacs ou des cartables en mains. Dénis Bamouni est de ceux qui ne tolèrent pas ce favoritisme. «Il y a des gens qui sont venus de Bobo, de Koudougou, d’Orodara, et j’en oublie. Nous sommes là depuis 5h du matin, certains y ont passé la nuit, mais comment se fait-il qu’on voie des gens entrer tranquillement et ressortir une dizaine de minutes après ? Ce n’est pas normal, il y a beaucoup de désordre, or si c’est ainsi, on ne pourra pas évoluer », déplore-il.

Dans sa rage de se décrocher un job, il a déposé ses dossiers dans plusieurs concours espérant que la chance lui sourira. Dénis Bamouni aime bien le corps de la police et pense que les candidats n’ont pas à s’inquiéter des attaques terroristes dont des agents font l’objet par ces temps qui courent. Il estime au contraire que c’est bien le moment de se mobiliser pour barrer la route à ce fléau puis est prêt à aller front s’il le faut.

Samiratou Kafando est élève en classe de 1re, résidente à Ouagadougou. Elle est à quelques pas de déposer ses dossiers, car la «discrimination positive» est aussi passée par là. «Je suis dans un rang  de filles uniquement, ça n’avance pas beaucoup, mais avec l’avantage accordé aux filles, il y a de l’espoir», indique-t-elle. Elle s’est munie de : Certificat de nationalité burkinabè, de casier judiciaire, d’un extrait de naissance, de sa CNIB, de certificat de visite et de contre-visite et d’un test de grossesse. Elle dit avoir 1, 69 m et est donc assuré de pouvoir au moins introduire sa demande en attendant les épreuves. Selon un candidat, l’âge requis va de 18 à 25 ans pour les filles et les garçons. Les dépôts prennent fin le 28 juillet 2017.

Aboubacar Dermé

Assiata Savadogo

L’Observateur Paalga

Avant-projet de Constitution de la 5e République : les amendements du Président du Faso attendus

Le bureau de la Commission chargée de la rédaction de l’avant-projet de Constitution de la Ve République a remis son rapport provisoire au Président du Faso, Son excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, ce mercredi 19 juillet 2017 à Ouagadougou.

Selon Maître Halidou OUEDRAOGO, président de la Commission constitutionnelle, le chef de l’Etat a, conformément à l’Article 15 du décret portant nomination des membres de la Commission constitutionnelle, huit (08) jours pour apporter ses amendements à ce document provisoire adopté les 8 et 9 juin 2017. 

« Conformément aux textes, nous sommes venus remettre l’avant-projet au chef de l’Etat, avant notre dernière plénière. A cette dernière plénière, nous connaîtrons les apports qui ont enrichi ce texte depuis notre sortie dans les régions, les cinq pays du continent africain et les trois pays européens et américains », a-t-il précisé.
Le président de la Commission constitutionnelle a fait remarquer qu’il n’y a pas eu beaucoup d’évolution par rapport à la version de l’avant-projet de Constitution mise en ligne depuis le 12 janvier 2017. 

Il a ajouté que si la Commission constitutionnelle s’est gardée jusqu’à présent de communiquer autour de cette version provisoire, cela est lié au fait que son travail n’était pas terminé. « A présent que nous avons accompli les 9/10 du travail, on peut commencer à communiquer, à parler de cet avant-projet avant notre retour définitif devant vous à notre dernière plénière que nous organiserons après que le chef de l’Etat nous aura fait parvenir ses différents avis sur le texte qu’on vient de lui communiquer », a dit le président de la Commission constitutionnelle.
Revenant sur le cas de l’Article 37 de l’’actuelle Constitution, Maître Halidou OUEDRAOGO dira qu’étant donné que cet article a été à l’origine de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, la Commission « a pris soin de le verrouiller, pour éviter que des interprétations alambiquées, incomprises ne se produisent ». 

Il a expliqué que ce verrouillage s’est fait « à plusieurs niveaux si bien qu’il ne serait même plus possible à un chef de l’Etat qui s’installe au pouvoir de briguer plus de dix ans soit de façon continue, soit de façon discontinue ».
Le président de la Commission constitutionnelle a réfuté l’argument selon lequel une part belle est faite aux magistrats dans l’avant-projet de Constitution : « En nous nommant, le chef de l’Etat, en personnalité avertie s’est dit quand même que nous allons travailler au- dessus de toutes les situations partisanes avec pour objectif, avoir un texte qui survive même à nous, qui survive à vous. Donc il n’y a pas de part belle. Nous avons travaillé sur un texte, que nous espérons sera adopté pour le bonheur de notre pays ». 


La Direction de la Communication de la Présidence du Faso