Education : L’Organisation démocratique de la Jeunesse du Burkina Faso (ODJ) demande la satisfaction de la plate-forme revendicative des enseignants

Depuis la rentrée scolaire 2017-2018, le monde de l’éducation et de la recherche est en lutte sous la houlette de la Coordination Nationale des Syndicats de l’Education (CNSE).

Education : L’Organisation démocratique de la Jeunesse du Burkina Faso (ODJ) demande la satisfaction de la plate-forme revendicative des enseignants

En effet, las d’assister passivement à la liquidation du système éducatif entamé depuis les années 1990 à travers l’application du programme d’ajustement structurel qui a consacré la privatisation de l’école et la clochardisation des acteurs (personnel enseignant et administratif, élèves) de ce secteur, les syndicats d’enseignants ont décidé d’entamer une lutte autour d’une plateforme revendicative.

Sur le terrain, la lutte s’est traduite par des actions de sit-in, de grève, de non évaluation des apprentissages au préscolaire, au primaire, au post primaire et au secondaire. La plateforme revendicative minimale porte entre autres sur la revalorisation salariale des travailleurs de l’éducation nationale et de la recherche, l’amélioration des conditions de travail, la démocratisation de l’accès à une éducation de qualité aux enfants du peuple, et l’amélioration de la gouvernance administrative et financière des établissements d’enseignements publics et privés du Burkina Faso.

Malgré la justesse et la pertinence de la cause de la lutte en cours – reconnues par les autorités elles-mêmes et plusieurs institutions nationales – le ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation monsieur Jean Martin COULIBALY a affiché un mépris vis-à-vis de la Coordination des syndicats ; ce qui a contraint les enseignants à déposer stylos et craies. Cette situation a amené la CNSE à discuter directement avec le premier ministre qui jusque-là n’a fait aucune proposition concrète.

Dans la logique du mépris et du déni, le gouvernement MPP et alliés, au lieu de s’atteler à la résolution de la crise, se lancent dans une campagne de dénigrement dans le but d’opposer les enseignants à la population. Les propos tenus dans plusieurs localités du pays et dans la presse par des caciques du MPP visent manifestement à créer la haine et la division au sein de l’opinion publique tout comme réunir les conditions pour réprimer les travailleurs de l’éducation et de la recherche en lutte.

Les derniers évènements l’illustrent à souhait. Pendant que les acteurs affirment que les négociations sont sur une bonne voie, le régime MPP fait abattre sur les élèves une répression féroce. A Boussé dans la province du Kourwéogo, on enregistre un élève blessé par balle. A Koudougou dans le Boulkiemdé, ce sont les forces répressives qui répondent à des élèves qui voulaient tout simplement s’adresser à leur gouverneure. Au regard de ces faits et compte tenu de la pertinence de la plateforme revendicative de la CNSE et de l’intérêt que revêt sa satisfaction pour le peuple burkinabè en général et sa jeunesse en particulier, l’ODJ :
-  condamne fermement ces manœuvres dilatoires et les tentatives de criminalisation des luttes sociales légitimes par le pouvoir du MPP et alliés,
-  condamne la répression des élèves dans les différentes localités de notre pays,
-  affirme son soutien indéfectible aux travailleurs de l’éducation nationale en lutte.

Par ailleurs, elle appelle :
-  le gouvernement MPP et alliés à tout mettre en œuvre pour la satisfaction de la plateforme revendicative de la CNSE ;
-  ses militants et toute la jeunesse patriotique et révolutionnaire à soutenir activement la juste lutte des travailleurs de l’éducation et de la recherche et à dénoncer toute répression ;
-  ses structures à populariser la plateforme revendicative de la CNSE qui met à nu les conséquences désastreuses des politiques éducatives aventuristes des régimes du CDP et du MPP.

Vive la jeunesse patriotique et révolutionnaire burkinabè !
Vive l’ODJ !

Fait à Ouaga le 15 janvier 2018
Le Bureau Exécutif National

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Conseil des ministres : Le 5e recensement général de la population et de l’habitat sera organisé cette année

Le traditionnel Conseil des ministres s’est tenu ce mercredi 17 janvier 2018 sous la présidence du chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré…
Du compte-rendu du ministre de la Communication et des relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Rémis Fulgance Dandjinou, on peut retenir :

Conseil des ministres :  Le 5e recensement général de la population et de l’habitat sera organisé cette année

Au titre du ministère en charge de la Justice, le Conseil a adopté le rapport national sur le 3è cycle de l’examen périodique universel. Lequel rapport fait le point de la situation des droits de l’homme au Burkina Faso et de la mise en œuvre des recommandations qui avaient été faites en avril 2013.

Pour ce qui est du département en charge de l’Economie, le Conseil a adopté un décret portant règlementation général des projets et programmes de développement exécutés au Burkina Faso. Pour le porte-parole du gouvernement, ce décret viendra pallier les insuffisances liées à la multiplicité des projets et programmes d’une part et des unités de gestion d’autre part et une absence de cohérence entre ces différents programmes avec la mise en œuvre du budget-programme dans lequel le Burkina s’est engagé. Pour preuve, le ministre a indiqué qu’en 2017, 127 projets et programmes ont été exécutés au Burkina Faso.

Désormais, dit-il, les projets et programmes seront logés dans deux catégories dont l’une va contenir ceux directement gérés par l’Etat et l’autre les projets qui seront à la charge soit des ONG, des entreprises privées (dans le cadre des PPP) ou des partenaires techniques et financiers.

Evoquant la question des besoins statistiques, Rémis Dandjinou a indiqué que 2018 verra l’organisation du 5è recensement général de la population et de l’habitat, le 2è recensement général de l’agriculture et une enquête nationale sur le cheptel…

Par ailleurs, le porte-parole du gouvernement s’est prononcé sur les négociations entre le gouvernement et les acteurs de l’Education nationale. Rémis Dandjinou a affirmé que les négociations se poursuivent et dit espérer une sortie de crise dans de brefs délais.

Il s’est aussi appesanti sur les incidents à Boussé, à Manga, à Koudougou impliquant les élèves qui disent manifester pour la cause des enseignants. Le gouvernement, dit-il, déplore cette situation et invite les manifestants à la retenue et au respect de l’autorité et de la sécurité de l’Etat.

DCPM/Ministère de la Communication et des relations avec le Parlement

Compte rendu du Conseil des ministres du 17 janvier 2018

Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le mercredi 17 janvier 2018,
en séance ordinaire, de 09 H 00 mn à 12 H 00 mn, sous la présidence de
Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres.
Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu une communication orale, procédé à des nominations et autorisé des missions à l’étranger.

Compte rendu du Conseil des ministres du 17 janvier 2018

I. DELIBERATIONS

I.1. AU TITRE DE LA REFORME DES INSTITUTIONS ET DE LA MODERNISATION DE L’ADMINISTRATION, LE CONSEIL A ADOPTE QUATRE (04) RAPPORTS.

I.1.1. Pour le compte du ministère de la Justice, des droits humains et de la promotion civique :
-  un rapport relatif à l’élaboration du rapport national pour le troisième passage du Burkina Faso à l’Examen périodique universel (EPU). 
L’Examen périodique universel est un mécanisme qui permet au Conseil des droits de l’homme d’examiner la situation des droits de l’homme dans l’ensemble des Etats membres de l’Organisation des nations unies (ONU).
Dans le cadre du 3ème cycle de l’examen périodique universel, prévu à la 30ème session du Groupe de travail de l’EPU qui se déroulera en avril et mai 2018 à Genève, en Suisse, le Burkina Faso présentera un rapport sur la situation actuelle des droits de l’homme ainsi que les mesures prises pour la mise en œuvre des recommandations acceptées lors du deuxième passage en avril 2013 à l’EPU. 
Le Conseil a instruit les ministres en charge du dossier de prendre les dispositions idoines pour permettre à notre pays de faire la situation des droits humains sur le plan national, et d’honorer ses engagements vis-à-vis de la communauté internationale.

-  un rapport relatif à l’élaboration du deuxième rapport périodique du Burkina Faso dû au titre de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Ce rapport qui couvre la période 2013-2017 a été élaboré conformément à l’article 19 de ladite Convention qui dispose que chaque Etat partie doit présenter au Comité contre la torture, des rapports sur les mesures prises pour donner effet à ses obligations vis-à-vis de la Convention. 
L’adoption de ce rapport permet à notre pays d’honorer ses engagements vis-à-vis de la communauté internationale.

I.1.2. Pour le compte du ministère de l’Economie, des finances et du développement  :
-  un rapport relatif au Rapport statistique national (RSN) 2016 et au Programme statistique national (PSN) 2018.
Le Rapport statistique national et le Programme statistique national constituent des instruments de coordination des activités statistiques des structures publiques et contribuent au suivi des politiques nationales en matière de développement, notamment le suivi statistique du Plan national de développement économique et social (PNDES) et des Objectifs du développement durable (ODD). 
Il ressort du RSN des progrès et des acquis réalisés pour l’année 2016, notamment la mise en place du Fonds de développement de la statistique, la tenue régulière des sessions du Conseil national de la statistique et de ses commissions spécialisées ainsi que l’intensification et la diversification de la production statistique. 
Le Programme statistique national prévoit des enquêtes et des recensements à réaliser en 2018 dans divers domaines, au nombre desquels le 5ème recensement général de la population et de l’habitation, le 2ème recensement général de l’agriculture (RGA), l’enquête nutritionnelle et l’enquête nationale sur le cheptel.

Le Conseil a instruit les ministres en charge du dossier de prendre les dispositions idoines pour la mobilisation des ressources nécessaires en vue de l’exécution réussie du Programme statistique national 2018.
-  un décret portant Règlementation générale des projets et programmes de développement exécutés au Burkina Faso. 
Ce décret vise entre autres à aligner l’organisation et la gestion des projets et programmes de développement à l’approche budget programme, à rationaliser leurs unités de gestion, à réduire significativement leurs charges de fonctionnement tout en augmentant la part accordée aux investissements et à assurer une plus grande transparence dans la gestion des ressources publiques.
L’adoption de ce décret permet une meilleure gouvernance des projets et programmes de développement dans le cadre de la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES) pour plus d’efficacité et d’efficience.

II. COMMUNICATION ORALE

II. Le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation a fait au Conseil une communication relative aux manifestations diverses à travers le pays avec pour corollaire la fermeture des classes et le blocage du trafic routier.

Le gouvernement déplore les cas de blessures constatées, notamment lors du blocage par des manifestants à Boussé (province du Kourweogo, région du Plateau-Central), du détachement militaire en partance pour Banh (province du Loroum, région du Nord) pour y relever nos vaillantes forces de défense engagées dans la lutte contre le terrorisme.

Le gouvernement souhaite un prompt rétablissement aux blessés déjà pris en charge par le ministère de la Santé et celui de la Femme, de la solidarité nationale et de la famille.

Il rappelle que les actes d’incivisme, d’incitation à la violence, d’atteinte aux personnes et aux symboles de l’Etat ne sont pas tolérables dans un Etat de droit.
Le gouvernement appelle au strict respect des lois en vigueur dans notre pays.

III. NOMINATIONS

III.2. NOMINATIONS DANS LES FONCTIONS INDIVIDUELLES

A. AU TITRE DE LA PRESIDENCE DU FASO

-  Monsieur G. Benoit KAMBOU, Mle 0017 958 V, Enseignant chercheur, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Burkina Faso auprès de la République du Tchad ;
-  Monsieur Oumarou MAIGA, Mle 18 559 V, Ministre plénipotentiaire, 1ère classe, 10ème échelon, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Burkina Faso auprès de la République d’Afrique du Sud ;
-  Monsieur Brahima SERE, Mle 130 304 U, Magistrat, 1ère classe, 2ème échelon, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Burkina Faso auprès de la République de Turquie.

B. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE ET DE LA DECENTRALISATION

-  Monsieur Abdallah Pathé SANGARE, Mle 229 854 J, Administrateur civil, est nommé Haut-commissaire de la province du Kénédougou, région des Hauts-Bassins ;
-  Monsieur Karim OUEDRAOGO, Mle 105 201 D, Administrateur civil, est nommé Secrétaire général de la province du Houet, région des Hauts-Bassins ;
-  Monsieur Idrissa GAMSONRE, Mle 118 961 R, Administrateur civil, est nommé Secrétaire général de la province du Kénédougou, région des Hauts-Bassins ;
-  Monsieur Abdoul Karim ZONGO, Mle 54 578 B, Administrateur civil, est nommé Secrétaire général de la province du Kourwéogo, région du Plateau-Central ;
-  Monsieur K. Roland GUINGUERE, Mle 118 962 X, Administrateur civil, est nommé Secrétaire général de la province du Namentenga, région du Centre-Nord ;
-  Monsieur Pascal BOUDA, Mle 116 974 B, Secrétaire administratif, est nommé Préfet du département de Siby, province des Balé, région de la Boucle du Mouhoun ;
-  Monsieur Ousmane BARRY, Mle 212 003 L, Secrétaire administratif, est nommé Préfet du département de Douna, province de la Léraba, région des Cascades ;
-  Madame Nizinga Assita PALM/NACRO, Mle 247 531 H, Administrateur civil, est nommée Préfet du département de Banfora, province de la Comoé, région des Cascades ;
-  Monsieur Daouda OUEDRAOGO, Mle 279 333 A, Administrateur civil, est nommé Préfet du département de Korsimoro, province du Sanmatenga, région du Centre-Nord ;
-  Monsieur Xavier BAKO, Mle 238 081 X, Secrétaire administratif, est nommé Préfet du département de Pensa, province du Sanmatenga, région du Centre-Nord ;
-  Monsieur Adama DIALLO, Mle 200 298 N, Administrateur civil, est nommé Préfet du département de Pô, province du Nahouri, région du Centre-Sud ;
-  Monsieur Téwendé Evence BALIMA, Mle 229 956 B, Administrateur civil, est nommé Préfet du département de Samba, province du Passoré, région du Nord ;
-  Monsieur Sanfiénalé SIRIMA, Mle 98 046 R, Administrateur civil, est nommé Préfet du département de Boussé, province du Kourwéogo, région du Plateau-Central ;
-  Monsieur Wapa DAKIO, Mle 30 60, Agent public, est nommé Préfet du département de Baraboulé, province du Soum, région du Sahel ;
-  Monsieur Barnabé SEGDA, Mle 24 647 W, est nommé Préfet du département de Koutougou, province du Soum, région du Sahel ;
-  Monsieur Soyuleymane DRABO, Mle 279 927 Y, Administrateur civil, est nommé Préfet du département de Diébougou, province de la Bougouriba, région du Sud-Ouest ;
-  Monsieur Valentin BADOLO, Mle 117 040 J, Administrateur civil, est nommé Préfet du département de Dissin, province du Ioba, région du Sud-Ouest.

C. AU TITRE DU MINISTERE DE LA FONCTION PUBLIQUE, DU TRAVAIL ET DE LA PROTECTION SOCIALE

Les personnes dont les noms suivent sont nommées Membres du Haut conseil du dialogue social :
Au titre du Gouvernement, Présidence du Faso
-  Madame Adjaratou NANA, Comptable financier, Membre suppléant de Monsieur Edmond BERE ;
-  Monsieur Souleymane OUEDRAOGO, Gestionnaire des ressources humaines, Membre suppléant de Madame Maïmouna CISSE ;
-  Monsieur Yaya KARAMBIRI, Juriste, Membre suppléant de Monsieur Oumard NABALOUM.

III.2. NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION

Le Conseil a procédé à la nomination d’un Administrateur au Conseil d’administration de la Caisse automne de retraite des fonctionnaires (CARFO) au titre du ministère de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale. Cette nomination sera publiée dans le Journal Officiel du Faso.

Le Ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement,
Porte-parole du gouvernement,

Rémis Fulgance DANDJINOU
Officier de l’ordre national

Burkina Faso: Du budget 2018 et de son énorme déficit de 423,657 milliards de F cfa

Dans le projet de budget que le gouvernement a transmis à l’Assemblée nationale et qui a été adopté , les recettes totales se chiffrent à 2.015,49 milliards de FCFA contre 2.438,63 milliards de FCFA de dépenses. Il se dégage un déficit budgétaire de 423,657 milliards de FCFA. Un déficit jamais enregistré dans notre pays.

Les recettes totales connaissent une hausse de 12,94% entre 2017 et 2018. Cette hausse serait imputable à l’augmentation des recettes ordinaires de 22,43%. Elles passeraient ainsi de 1.438,25 milliards de FCFA en 2017 à 1.769,78 milliards de FCFA en 2018.

Pendant ce temps, les recettes extraordinaires (dons) connaîtraient quant à elles une baisse de 26,46%. En effet, de 346,38 milliards de FCFA en 2017, les recettes extraordinaires s’établiraient à 254,71 milliards de FCFA en 2018. C’est dire donc que les dons accordés au Burkina ont connu une baisse de 26,46%. Ceci pourrait signifier un manque de confiance des partenaires techniques et financiers au gouvernement burkinabè.

C’est pour compenser cette baisse de que les recettes propres ont été revues à la hausse à hauteur de 22,43%.

Il s’agit, entre autres, de trouver des moyens pour résorber les montants représentants d’une part le solde budgétaire général négatif de 423 163 026 000 FCFA et de celui des charges courantes représentant 55,05% du montant total des recettes d’autre part.

Mais où trouver l’argent ?

Il n’y a pas d’autres choix que de faire des économies (renoncer à organiser un référendum budgétivore, supprimer les postes superflus et autres institutions inutiles, etc.) et éviter surtout de s’endetter car, comme je l’ai souvent dit, l’option de l’endettement n’est pas viable et pourrait facilement placer notre pays en cessation de paiement!!!

Jean-Baptiste Toubo Tanam Natama.

GREVE DANS LE MONDE EDUCATIF : chaude matinée à Koudougou, à Kombissiri et à Boussé

Des scolaires ont envahi ce mardi 16 janvier 2018 la ville de Koudougou dans la région du Centre-ouest empêchant ainsi toute circulation sur la route nationale N°14 ainsi que les artères du gouvernorat où le drapeau national a été mis en berne. Les commerces qui longent les lieux de manifestation ont été fermés.

Il a fallu l’intervention des forces de l’ordre, occasionnant une course poursuite, cailloux contre gaz lacrymogène pour que les manifestants déguerpissent et que le drapeau soit remis en place.

Même son de cloche à Kombissiri dans la région du Centre-sud où des élèves des lycées et collèges ont barricadé la route nationale N°5 pour exiger des autorités la prise en compte des revendications des enseignants.

Le trafic a été momentanément coupé. Une centaine de véhicules provenant de Pô, de Manga et de Ouagadougou étaient stationnés dans la matinée de ce mardi.

Pour cause, depuis quelques mois les cours sont fortement perturbés par les grèves, les sit-in ainsi que les arrêts de travail qu’observent les enseignants.

Les revendications des enseignants sont entre autres axées sur l’adoption d’un statut valorisant des catégories du personnel de l’éducation et de la recherche, les améliorations de l’accès à l’éducation, des conditions de travail ainsi que la revalorisation de la fonction enseignante.

A Boussé dans la région du Plateau central, des élèves ont également barré la route nationale N°2 pour protester contre la situation que vit l’école burkinabè et pour soutenir leurs enseignants en lutte. Les manifestants ont été dispersés par des militaires qui sont tombés sur la manifestation alors qu’ils étaient en mission. Selon un témoin sur place, un des élèves a été blessé aux pieds par balle et aurait été transporté d’urgence à Ouagadougou pour des soins. Par ailleurs, les manifestants ont mis le feu à un véhicule de l’Etat. Ils ont également brûlé des pneus sur les voies publiques et ont promis de reprendre la rue ce mercredi 17 janvier 2018 pour la poursuite de leurs revendications.

Rassemblés par Carolle OUEDRAOGO

Burkimbia.com

Blaise Sawadogo, Président du groupe parlementaire CDP : « La création du groupe UPC-RD affaiblit l’opposition »

La crise au sein du groupe parlementaire UPC (Union pour le progrès et le changement) mine la cohésion de l’opposition au sein de l’Assemblée nationale. La défection de Daouda Simboro et ses 12 camarades pour créer le groupe parlementaire UPC-RD (Union pour le progrès et le changement-Renouveau démocratique) a sans doute créé des méfiances au-delà de leur parti d’origine. Tout en s’abstenant de se mêler à des affaires internes d’un autre parti, le CDP reconnait que la création de l’UPC-RD contribue à affaiblir l’opposition au sein du parlement.

Blaise Sawadogo, Président du groupe parlementaire CDP : « La création du groupe UPC-RD affaiblit l’opposition »

Daouda Simboro et ses camarades démissionnaires du groupe parlementaire UPC se réclament de l’opposition politique. Pourtant, leurs premières prises de position, notamment en terme de vote, les rapprochent plus de la majorité. C’est pourquoi, l’existence de ce nouveau groupe qui dit être venu pour renforcer l’opposition suscite de la méfiance, au-delà de leur parti. Au cours de la conférence de presse sur le bilan de la session budgétaire 2017, le groupe parlementaire n’a pas manqué d’exprimer son scepticisme. Non pas sur la légalité, mais la légitimité.

« Il faut reconnaître qu’il y a problème. D’un point de vue du règlement de l’Assemblée nationale, ils sont dans leur droit dans la mesure où il faut simplement être dix députés pour constituer un groupe parlementaire. De ce point de vue, nous ne pouvons que constater et prendre acte. Mais, nous constatons effectivement que cela affaiblit l’opposition, cela affaiblit le groupe parlementaire UPC et partant l’opposition de manière générale. Mais, nous faisons avec, de sorte que nous nous sommes réorganisés au niveau de l’opposition en tenant compte de cette nouvelle donne », a souligné Blaise Sawadogo, le président du groupe parlementaire CDP.

« Quand vous regardez un enfant marcher, vous savez où il va. Au niveau de l’opposition, ce n’est pas la quantité qui fait la qualité. L’UPC-RD est partie. J’ai fait une remarque à l’Assemblée nationale : l’ensemble des dernières lois qui ont été votées, ils ont tous voté pour. Donc, ça veut dire qu’ils soutiennent la majorité. C’est à nous de tirer les conséquences », a ajouté Michel Ouédraogo, chargé de communication du groupe parlementaire CDP.

Tout en s’abstenant d’autres appréciations, les élus nationaux de l’ex parti au pouvoir appellent l’opposition parlementaire à resserrer les rangs pour pouvoir continuer à faire entendre sa voix. Sur la question de la création de l’UPC-RD, « j’affirme que ça nous affaiblit, mais on s’est adapté et on se réorganise par rapport à cela pour continuer à s’opposer utilement et dans la perspective de la construction de la nation burkinabè », a insisté Blaise Sawadogo.

Moussa Diallo
Lefaso.net

Michel Ouédraogo (CDP) : « Alassane Sakandé est venu renforcer le mouta-mouta à l’Assemblée nationale »

Au nom du principe de redevabilité, le groupe parlementaire CDP a organisé une conférence de presse, le 16 janvier 2018, pour faire le bilan de la 2e session budgétaire. Ce fut l’occasion également d’apprécier la gouvernance Sakandé à la tête de l’Assemblée nationale depuis quatre mois. Si certains estiment qu’il est encore trop tôt pour une appréciation objective, d’autres soutiennent qu’il essaie de faire du Salifou Diallo après Salifou Diallo. Pourtant, il n’a ni l’étoffe, ni la carrure du regretté Président. Les sorties dans les quartiers périphériques de Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso ne sont non plus bien accueillies par l’ex-parti au pouvoir.

Michel Ouédraogo (CDP) : « Alassane Sakandé est venu renforcer le mouta-mouta à l’Assemblée nationale »

« Ce n’est pas facile d’imprimer une gouvernance. Il faut avoir la capacité, la qualité et la compétence », rappelle d’entrée de jeu, Michel Ouédraogo. Selon l’honorable Ouédraogo, chargé de communication du groupe parlementaire CDP, par ailleurs ancien directeur général des Editions Sidwaya et ancien délégué général du FESPACO, le nouveau président de l’Assemblée nationale a, dans une première approche, « voulu faire du Salif Diallo après Salif Diallo », avant de vite se raviser. Car, « ce n’était pas les mêmes étoffes et il fallait rectifier sa gouvernance. Ne monte pas au créneau qui veut mais qui peut. Il faut avoir la force et la carrure pour monter au créneau. Lorsqu’on s’attaque au mouvement syndical par des propos fort virulents, il faut en avoir la capacité. Il ne faut pas sortir faire des déclarations et s’aviser que nous sommes partis trop loin et que la langue a fourché. Ça demande une rectification de sa gouvernance », explique Michel Ouédraogo.

Certes, la poursuite de la gestion consensuelle entamée par le défunt Président par Alassane Sakandé est bien appréciée du groupe parlementaire CDP. Mais, il estime que le nouvel occupant du perchoir est arrivé dans un contexte qui devait lui permettre de réfléchir davantage sur sa gouvernance. Et les dernières sorties du PAN (Président de l’Assemblée nationale) ne sont guère appréciées du groupe CDP qui estime que le patron du parlement et tout le MPP sont déjà en pré-campagne pour 2020. Mieux, selon Michel Ouédraogo, les déclarations fracassantes et autres promesses faites Alassane Sakandé dans les quartiers non-lotis de Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso sont le signe qu’il aspire, comme bien d’autres militants du MPP, à combler le vide laissé par Salifou Diallo. « Aujourd’hui, l’ancien PAN n’est plus là, paix à son âme.

Quand vous regardez comment est structuré le parti au pouvoir, ils sont sur trois jambes. Et lorsqu’une jambe est partie, ils se sont dits qu’il y a une place à prendre. Mais qui veut la prendre ? C’est tout le monde au sein du parti. Si le PAN veut la prendre, il faut qu’il fasse du Salif à la place de Salif pour pouvoir occuper ce poste. Mais, c’est mal parti », explique Michel Ouédraogo.

Au niveau de l’Assemblée nationale, Michel Ouédraogo et ses camarades estiment qu’il est difficile de parler de gouvernance Sakandé aujourd’hui. Et si gouvernance il y a, « il est venu renforcer le mouta-mouta à l’Assemblée nationale ». Mais, poursuit-il, « il faut que les uns et les autres comprennent que ce n’est pas par les sorties, ce n’est pas des promesses oiseuses que le Burkina a besoin aujourd’hui. Le pouvoir en place n’a pas d’assises et chacun croit que c’est le moment de se présenter et de se faire prévaloir. Donc, il n’y a pas une gouvernance Sakandé à l’Assemblée. Et s’il veut le faire, il faut qu’il sache se tenir ».

Tout en appréciant le fait d’accorder 50% de son salaire de base aux orphelinats, les élus du CDP ne semblent pas prêts à aller dans ce sens. Ils disent militer plutôt pour l’adoption de lois en vue de résoudre, de manière structurelle, les difficultés rencontrées par les personnes vulnérables.

Moussa Diallo
Lefaso.net